Burrito
Newsletter #255 - Dimanche 17 mai
Bonjour à tous,
Cette semaine, on parle de protéines du futur, d’or, de psychologie, de littérature, de burritos californiens et de cette étrange époque où l’on cherche à la fois le réconfort, le vrai, et quelque chose qui ressemble encore à de la fascination.
L’opportunité de la semaine : la protéine nouvelle génération
Dans un contexte de tensions croissantes sur les matières premières agricoles et de recherche d’alternatives plus durables, certaines startups tentent de réinventer notre chaîne alimentaire à la racine. C’est le cas de Maash, une société française qui développe une technologie de fermentation à base de mycélium afin de produire des protéines alternatives aux protéines animales et végétales traditionnelles.
L’ambition : proposer une solution capable de concilier qualité nutritionnelle, compétitivité économique et réduction massive de l’empreinte environnementale. Un positionnement particulièrement stratégique alors que l’industrie agroalimentaire cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en répondant aux nouvelles exigences réglementaires et climatiques.
Le projet repose sur plusieurs fondamentaux solides : un fondateur expérimenté déjà à la tête d’un groupe industriel de plus de 225 M€ de chiffre d’affaires, un outil industriel acquis à forte décote dans le cadre d’une reprise à la barre du tribunal, ainsi qu’un marché adressable estimé à plus de 110 milliards d’euros par an.
La société réalise actuellement un tour de table de 6 M€ aux côtés de fonds spécialisés afin d’accélérer le déploiement industriel de sa technologie. Plusieurs discussions commerciales sont déjà engagées avec de grands groupes du secteur agroalimentaire.
L’opération est par ailleurs éligible aux principaux dispositifs fiscaux (IR-PME, PEA/PEA-PME, réemploi et régime mère-fille).
🎙️ Nouvel épisode d’Argent Conté — Tout ce qui brille vaut de l’or
L’or. Depuis des siècles, c’est l’actif ultime. Celui qu’on garde quand tout vacille, celui qui traverse les crises, les guerres, les monnaies. Aujourd’hui, dans un monde dominé par les marchés financiers, les banques centrales et même les cryptomonnaies… est-ce que l’or est toujours une valeur refuge, ou est-ce devenu une forme de croyance collective ? Et cela faisait longtemps que je cherchais l’intervenant parfait pour aborder le sujet de l’or, aussi vaste que fascinant.
Pour en parler, j’ai eu la chance de recevoir Laurent Schwartz, président et fondateur du Comptoir National de l’Or. Un homme discret, qui prend peu la parole et connaît son sujet sur le bout des doigts. Vous l’entendrez au cours de l’épisode : chaque élément cité est sourcé et chiffré. Laurent est d’une rare précision dans son discours, l’épisode passe vite et chaque phrase vaut la peine d’être notée.
Au quotidien, Laurent Schwartz observe celles et ceux qui achètent, vendent, arbitrent… souvent dans des moments clés de leur vie financière. Avec lui, on va parler d’or, mais surtout de notre rapport à l’argent, au risque et au besoin de sécurité. Bonne écoute !
Écouter l’épisode d’Argent Conté ici
Psychologie et émotions littéraires
Je ne découvre que récemment l’étendue de la carrière de Perla Servan-Schreiber, que j’ai écoutée il y a quelques jours au micro de Jessica Troisfontaine. Je ne la connaissais qu’à travers quelques petits ouvrages de cuisine, dont celui sur les soupes qui trône fièrement sur mon bureau (la meilleure étant celle aux topinambours). Peu convaincue par sa gourmandise, je n’avais pas creusé plus loin.
Mais j’ai adoré découvrir l’histoire du magazine Psychologies qu’elle a créé avec son mari à un moment où la presse écrite n’allait déjà pas hyper bien. Elle en parle beaucoup dans cet épisode de GDIY. J’ai même écouté son épisode dans le podcast Métamorphoses, qu’une amie très chère me recommande depuis des années mais que je n’avais pas encore réussi à intégrer : ça y est, je suis fan !
Outre le parcours professionnel fascinant, Perla Servan-Schreiber m’aura offert mes plus jolies émotions littéraires des dernières semaines : L’Enchantement simple de Christian Bobin et Lettres à un jeune poète de Rilke. Allez savoir, je n’avais jamais lu ni l’un ni l’autre. Je vous les recommande chaleureusement pour les prochaines semaines si vous avez envie d’un peu d’émerveillement et de romantisme.
Newsletter food food food
Une petite nouvelle lecture dans ma rotation hebdomadaire de bonnes choses : je viens seulement de découvrir Pomélo, la newsletter gastronomique qui ne mégote pas sur ses recommandations. Pas moins de 61 références dans l’édition de cette semaine dédiée à Londres (que je me suis bien entendu empressée de sauvegarder, tant le mélange des classiques que j’adore et des inconnues qui ont l’air de mériter le détour était réussi).
Pomélo fait appel à des journalistes gastronomiques aussi jeunes que très confirmés. La newsletter est dirigée par Ezéchiel Zérah, ex-rédacteur en chef des pages gastronomie de L’Express, ayant écrit par le passé de grands portraits, enquêtes et longs formats culinaires pour des médias tels que Les Échos Week-End, Le Point, Vanity Fair ou encore Le Parisien.
Je la lis régulièrement depuis quelques semaines : les sujets sont fouillés et très bien écrits. Une bonne référence pour ceux d’entre vous qui aiment les lettres de bouche (on est assez nombreux par ici !).
Tendance Street Food
Et pour enchaîner sur un autre sujet de régalade, j’ai comme le sentiment que le breakfast burrito sera la prochaine trend food parisienne.
Le breakfast burrito, c’est probablement l’une des inventions les plus américaines de la cuisine du petit-déjeuner moderne : prendre un petit-déjeuner entier (œufs brouillés, pommes de terre, bacon, fromage, piments) et l’enrouler dans une tortilla de farine pour pouvoir le manger en marchant, au volant ou avec un café géant à la main.
Ses racines viennent du nord du Mexique, où le burrito traditionnel existe depuis le XIXe siècle. Mais la version “breakfast” naît vraiment dans le Sud-Ouest des États-Unis, entre le Nouveau-Mexique et le Texas, dans les années 70-80. À l’origine, c’est une nourriture ouvrière, bon marché, nourrissante et pratique. Puis l’Amérique en fait ce qu’elle fait de mieux : un objet culturel.
Aujourd’hui, le breakfast burrito connaît une vraie renaissance. Les réseaux sociaux adorent ses coupes dégoulinantes de cheddar fondu, les cafés healthy le vendent comme alternative protéinée au croissant, et les chefs le transforment en terrain de jeu gourmet avec kimchi, green chile ou tortillas maison.
En gros : le breakfast burrito est passé du snack de station-service au symbole lifestyle du cool californien. Et honnêtement, c’était probablement inévitable. Mais de là à ce que ce type de bombe calorique fasse son trou en France, il y a quand même de l’espace.
Mais si j’en crois Google Trends (mon outil préféré pour tracker les tendances, je vous parlerai la semaine prochaine d’un autre outil encore plus performant), le nombre de recherches sur le mot “breakfast burrito” a fait un énorme bond en février 2026 en France… et je le vois apparaître à la carte des cafés tendances pointus du quartier.
Maurice Sfez a sorti le sien, probablement incontournable, mais je ne l’ai pas goûté. En revanche, j’ai testé celui d’Echo, le deli californien de la rue d’Aboukir. Et je n’en reviens pas.
L’adresse est connue pour décliner des classiques de la cuisine californienne avec des twists de qualité. Ici, la tortilla est remplacée par une sorte de paratha indien, fin, feuilleté, beurré, divin, et le burrito est servi avec deux chutneys d’inspiration indienne, eux aussi, à la menthe et à la mangue.
Je ne recommande pas l’expérience plus d’une fois toutes les six semaines (rapport aux calories) mais, vraiment, le résultat est époustouflant.
Prenez soin de vous
Caroline Lamaud Dupont






Bonjour, je profite de ce passage sur Substack pour vous remercier de votre newsletter que j’apprécie bcp. Passer de la finance, à l’actualité littéraire en passant par la gastronomie, des nouveautés, des bonnes adresses est un ravissement surtout avec un style d’écriture si joyeux. Merci