Bonjour à tous,
Hier, plusieurs lieux de mon quartier ont brûlé, sous mes yeux et ceux de ma fille, pas à travers un écran ou un média. Je soutiens les revendications premières à l’origine du mouvement étudiant. Cela ne m’empêche pas d’être profondément en colère contre ces violences et contre une irresponsabilité des partis politiques dont les habitants paient le prix ici à Paris ou à Limoges où je suis née, et partout en France.
Ce matin, j’ai encore hésité à vous parler de choses légères. Mais je tiens à leur garder une place. Aux lectures, aux découvertes, aux idées que j’aime partager avec vous. À ce qui nous intéresse, nous amuse et nous donne envie, même les semaines comme celle-ci.
Garder l’envie et le moral devient un sport national. Voici ma contribution du dimanche.
Dans les coulisses de M
Dans un monde de la presse en berne, je dois admettre que je me surprends à lire en entier et avec régularité les suppléments week-end des grands quotidiens. Ceux du Monde, des Échos, et du Financial Times sont mes préférés, leurs sujets business sont longs et bien traités, l’esthétique est soignée. J’aime les sujets autant que les photos, les couvertures, la façon dont les pages sont composées. Tout ce travail dont on profite sans forcément savoir qui l’a fait. Mais cela fait un moment que les grands quotidiens économiques s’entourent désormais de profils plus « artistiques » qu’on croisait plutôt chez Vogue ou chez Life auparavant.
Alors cette semaine, je vous recommande l’entretien de Jean-Baptiste Talbourdet Napoleone, directeur de création de M, avec Adrien Garcia dans le podcast TheBoldWay. J’adore ce qu’il a fait de ce magazine, et c’est une bonne occasion de découvrir comment il travaille.
Il y est question de couvertures, d’idées, de ce qui les nourrit et de la manière de continuer à se surprendre quand il faut créer quelque chose chaque semaine. Ce dernier point me parle particulièrement. On peut aimer profondément ce qu’on fait et avoir, certains jours, un peu de mal à s’y mettre. Redéfinir le dream job comme disent les jeunes, parce que même quand on est DA d’un des magazines les plus lus en France, on passe du temps les fesses collées sur sa chaise derrière un écran !
Cette newsletter peut en témoigner, ce que j’aime dans ces magazines, c’est de pouvoir passer d’une enquête sur une entreprise à une maison, à un livre ou à une recette sans avoir l’impression de changer de monde. Et ce mélange ne date pas d’hier : le Financial Times a lancé son édition Weekend en 1985, puis son magazine How To Spend It en 1994. En France, M est arrivé sous ce nom en 2011, et Les Échos Week-End en 2015, en remplacement de deux publications existantes.
Pourquoi les grands quotidiens se sont-ils autant intéressés à ce qui se passe en dehors du bureau ? Pour nous donner envie de les lire aussi quand nous n’en avons pas besoin pour travailler. Aux Échos, la direction présente d’ailleurs explicitement le magazine comme un moyen de fidéliser les lecteurs et de gagner des abonnés. Et, évidemment, il y a la publicité : la mode, les voyages et la décoration permettent d’attirer d’autres annonceurs, notamment les marques de luxe. Au lancement des Échos Week-End, l’ambition affichée était de doubler les recettes publicitaires des suppléments qu’il remplaçait. Les belles pages ont aussi une raison économique d’exister.
Mais ce serait dommage de ne les regarder que comme des supports publicitaires. M rassemble près de 1,9 million de lecteurs sur une semaine, selon l’étude ACPM OneNext 2026 S1. Et dans une enquête menée auprès de ses lecteurs en 2022, How To Spend It annonçait un temps de lecture moyen de quarante minutes. Un chiffre déclaré par les lecteurs, pas chronométré, mais qui raconte tout de même un attachement. Je comprends très bien ce plaisir : j’aime leurs articles, mais j’aime aussi m’arrêter sur une photo, regarder comment une page est composée, découvrir quelque chose que je n’étais pas venue chercher. Et je ne trouve pas contradictoire de s’intéresser à l’économie et d’aimer tout cela. C’est même assez proche du mélange que j’ai envie de partager avec vous ici.
Prévenez-moi quand ça revient
Je vous recommande aussi la dernière édition de Komando, la newsletter de Kéliane Martenon, dont je trouve les analyses toujours aussi bonnes. Notamment celle du very good buzz du Pain Quotidien, qui met en scène son directeur financier en train de manger une profiterole plutôt que de payer un influenceur pour le faire. Elle explique très bien pourquoi ça fonctionne, et pourquoi mettre n’importe quel dirigeant devant un iPhone ne produira pas nécessairement le même résultat.
Elle revient aussi sur une idée maligne d’Holybelly (que j’avais vu passer il y a 10 jours) : être prévenu quand un plat qu’on a aimé revient à la carte. Sur leur site, on sélectionne ses favoris, on laisse son adresse e-mail, et on reçoit une alerte la veille de leur retour. C’est tout simple, j’adore l’idée et ça peut s’appliquer dans tellement de restos comme au Fumoir par exemple ou je vous signale le spécial du moment (vu qu’ils n’ont pas encore le petit outil d’Holybelly) : un tartare de thon à la pastèque à se damner.
Kéliane souligne ce qui rend l’idée si juste : le restaurant nous demande ce qui nous intéresse avant de nous envoyer des messages, c’est le système exactement inverse du mailing direct traditionnel.
L’opportunité de la semaine : L’argent « en attendant »
Il y a cet argent qu’on laisse sur son compte en attendant un achat, un prochain investissement, ou simplement de savoir ce qu’on veut en faire. On n’a pas envie de le placer pour plusieurs années. Alors, on remet la question à plus tard, et les mois passent.
C’est pour cet argent-là que nous lançons cette semaine Anaxago Smart Cash, une solution de rémunération des liquidités, ouverte aux particuliers comme aux entreprises. Le taux indiqué au 1ᵉʳ octobre 2026 est de 2,84 % par an, net de frais et avant fiscalité. Ce taux est variable et non garanti.
Ce qui me plaît, c’est de ne pas avoir à décider à l’avance combien de temps, on souhaite laisser son argent. La rémunération est quotidienne, week-ends et jours fériés compris. On peut demander un retrait à tout moment, sans pénalité, avec un délai indicatif de réception de J+1 ouvré. La solution est accessible dès 100 €, sans plafond ni frais d’entrée ou de sortie.
Derrière, il y a un fonds monétaire, un OPCVM agréé par l’AMF dont Amundi assure la gestion financière. Ce n’est donc ni un livret ni un compte bancaire : le capital n’est pas garanti et il existe un risque de perte en capital et de liquidité. La rémunération évolue avec les taux de la Banque centrale européenne, à la hausse comme à la baisse.
Je trouve intéressant de s’occuper aussi de cette partie de notre argent. Celle pour laquelle on n’a pas forcément de grand projet d’investissement, mais qui mérite qu’on y regarde de plus près.
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La voix, d’abord
J’ai adoré cette semaine les cinq épisodes d’À voix nue consacrés à François Samuelson (encore une recommandation géniale de Shoranne Lievaux), au micro de Lisa Vignoli sur France Culture. D’abord pour sa voix, extraordinaire, que je pourrais écouter longtemps. Et puis pour tout ce qu’il raconte. Agent littéraire et artistique, il est l’un de ceux qui ont inspiré Dix pour cent. Mais au-delà de la série, sa vie mérite largement qu’on l’écoute.
Il y a l’Égypte de son enfance, le départ forcé de sa famille, les années militantes, puis New York. Il y a aussi son livre sur la naissance de Libération, Il était une fois Libé…, issu de son travail de maîtrise en histoire. Quelle vie, déjà, avant même de parler de tous les écrivains et artistes qu’il a accompagnés. J’ai beaucoup aimé l’entendre raconter ce métier d’agent, littéraire comme artistique : les rencontres, la confiance, mais aussi les négociations et les rapports de force. Aimer le travail de quelqu’un, c’est aussi savoir le défendre, parfois assez férocement.
Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est son émotion lorsqu’il parle de son père, mort quand il avait huit ans. Il a aujourd’hui plus de soixante-dix ans. Je trouve ça bouleversant, cet écart entre toutes les années qui ont passé et l’émotion qui, elle, est encore si proche. Il a vécu tout cela, rencontré tant de monde, construit tant de choses, et quand il parle de son père, on entend encore combien il lui a manqué.
Et puis il y a son amitié avec Paul Auster. C’est notamment Samuelson qui a présenté l’auteur américain à Hubert Nyssen, son futur éditeur chez Actes Sud, bien avant qu’Auster ne rencontre le succès tel qu’on le connait aujourd’hui. Mon père, lui, me l’a fait découvrir à moi. Auster est l’un de ses auteurs préférés, et je l’adore aussi. Alors, forcément, cette partie de l’entretien me touche autrement. J’écoute Samuelson parler de son ami et je pense à mon père, à ce goût pour Auster qu’il m’a transmis. J’aime ses livres pour eux-mêmes, évidemment, mais j’aime surtout qu’ils soient quelque chose que nous partageons, lui et moi.
Prenez soin de vous
Caroline L. Dupont



Je ne sais plus bien comment j’ai découvert la Pausa mais je la lis avec grand plaisir chaque dimanche matin en buvant mon thé, elle éveille toujours une nouvelle idée. Merci
Bravo , beaucoup de plaisir a lire La Pausa tous les dimanches matins et je poursuis avec la lecture des Echos week-end . SVP continuez