Charles
Newsletter #263
Bonjour à tous,
Le risque a mauvaise réputation. Nous aimerions pouvoir l’effacer de nos portefeuilles, de nos entreprises et parfois même de notre histoire. Mais il est rarement possible de le supprimer : on peut seulement apprendre à le comprendre, à l’encadrer et à choisir celui que l’on accepte de prendre.
C’est un peu le fil rouge de cette édition. Il est question d’un produit financier qui organise différents scénarios avant même d’investir, d’un institut qui veut apprendre aux dirigeants à décider lorsque les modèles habituels ne fonctionnent plus, d’une grande dame du luxe chargée de faire vivre une maison de 260 ans et de deux films qui racontent comment un pays a failli perdre la maîtrise de son propre destin et de son propre récit.
Avec, au passage, des lustres à plusieurs millions d’euros, des rappeurs américains un peu précieux et plus de cinq heures de de Gaulle. Nous sommes tout de même là pour passer un bon week-end.
Opportunité de la semaine : Rendement Mémoire 2026, miser sur la résistance de la tech mondiale
Les dernières semaines nous ont rappelé qu’investir dans les grandes tendances de croissance ne signifie pas nécessairement accepter sans aucun filet toutes les secousses des marchés. Entre les tensions géopolitiques (le foot n’arrange visiblement pas tout), le retour de l’inflation et la nervosité des banques centrales, beaucoup d’investisseurs cherchent à conserver une exposition à l’économie numérique tout en encadrant davantage leur prise de risque.
C’est précisément le rôle d’un produit structuré. Contrairement à un investissement direct en actions, il ne cherche pas à capter toute la hausse d’un marché. Il définit à l’avance plusieurs scénarios : un rendement potentiel, des seuils de déclenchement, une protection conditionnelle et une durée maximale. Dans un portefeuille diversifié, il peut ainsi trouver sa place entre l’épargne prudente et l’exposition directe aux actions.
Rendement Mémoire 2026 est émis par Barclays Bank PLC et adossé à un indice réunissant 50 grandes entreprises mondiales liées à l’économie digitale. Son fonctionnement repose sur une idée assez simple : l’indice n’a pas besoin de progresser pour générer un rendement. Il doit seulement ne pas avoir baissé de plus de 20 % lors des observations trimestrielles.
Lorsque cette condition est remplie, le produit verse un coupon de 2 % par trimestre, soit un objectif de rendement total de 8 % par an. Si l’indice passe temporairement sous ce seuil, le coupon n’est pas définitivement perdu : il est conservé en mémoire et peut être versé ultérieurement si la condition est à nouveau respectée.
À partir de septembre 2027, le produit peut être remboursé automatiquement chaque trimestre si l’indice retrouve au moins son niveau de départ. L’investisseur récupère alors son capital, augmenté des coupons dus. La date de sortie reste donc incertaine : le placement peut durer moins de deux ans comme se prolonger jusqu’à son échéance maximale, en septembre 2038.
À cette échéance, le capital est intégralement remboursé tant que l’indice n’a pas perdu plus de 50 % depuis son niveau initial.
Ce produit s’adresse aux investisseurs qui recherchent des revenus potentiels réguliers, disposent d’un horizon long et estiment que les grandes entreprises du numérique peuvent connaître des turbulences mais avec une forte capacité de résistance. Autrement dit, une façon d’organiser une conviction de marché selon des règles connues dès le départ.
Investir dans Rendement Mémoire 2026
Apprendre à décider dans l’incertitude
Pendant longtemps, les formations pour dirigeants ont surtout appris à conquérir des marchés, accélérer la croissance ou transformer les organisations. Le nouvel Institut du risque, lancé par le groupe français d’intelligence stratégique ADIT avec Mines Paris – PSL, part d’un constat différent : il faut désormais apprendre à décider lorsque les repères eux-mêmes deviennent instables.
Climat, cyberattaques, tensions géopolitiques, énergie, désinformation… Le programme réunira pendant six mois dirigeants, chercheurs et experts autour de scénarios de crise et d’exercices de résilience. Son ambition est d’offrir au monde économique ce que l’IHEDN apporte depuis longtemps aux enjeux de défense : une culture stratégique commune, mais aussi un réseau de personnes capables de se parler lorsque tout vacille. À 40 000 euros le parcours, la proposition est très (très) haut de gamme. Elle révèle surtout une évolution intéressante : la compétence la plus précieuse d’un dirigeant n’est peut-être plus seulement de savoir accélérer, mais de savoir tenir.
Le MBA du monde qui tremble, en quelque sorte.
Laurence Nicolas, ou l’intelligence du luxe
Laurence Nicolas fut mon unique grande patronne lors de ma seule incursion dans le salariat, chez Dior Joaillerie & Horlogerie. Elle avait créé cette activité aux côtés de Victoire de Castellane sous l’impulsion de Bernard Arnault et Sidney Toledano, à une époque où la structure conservait encore les dimensions et l’énergie d’une aventure entrepreneuriale. Je me souviens notamment des moments où toute l’équipe se réunissait pour célébrer les plus belles ventes de la maison : il y avait déjà, dans sa façon de diriger, un mélange assez rare d’instinct commercial, de verve et de goût profond pour le geste artisanal et le beau.
Après Dior, Sotheby’s et le Printemps, elle dirige aujourd’hui Baccarat, maison vieille de plus de 260 ans. Dans l’épisode que lui consacre Adrien Garcia sur The Bold Way, elle parle de transmission des savoir-faire, de désirabilité et de la manière de faire entrer une maison patrimoniale dans son époque sans en altérer l’âme. On y croise aussi des lustres à cinq millions d’euros, des artisans lorrains et Usher buvant dans du Baccarat (les rappeurs américains ont toujours été un peu précieux finalement) : le luxe dans ce qu’il a de plus spectaculaire, mais aussi de plus concret.
Si vous ne devez écouter qu’un épisode sur le luxe ce week-end, choisissez celui-ci. L’entretien de Bernard Arnault chez Legend m’avait, je l’avoue, laissée un peu sur ma faim : impeccable sans doute, mais surtout très balisé, à l’exception peut-être de l’anecdote sur les boutiques Apple que j’ai appréciée. Ici, le luxe paraît plus vivant, plus charnel, presque encore habité par l’atelier.
De Gaulle, ou la bataille du récit
S’il y a deux films que je ne veux surtout pas manquer, ce sont les deux volets de La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer et J’écris ton nom. D’abord parce que je suis une grande admiratrice de leur réalisateur, Antonin Baudry. Ancien diplomate, auteur de Quai d’Orsay sous le nom d’Abel Lanzac et réalisateur du Chant du Loup, il possède un mélange assez unique de culture stratégique et de goût cinématographique. Je vous recommande d’ailleurs son portrait paru récemment dans Les Échos Week-End. Il y évoque notamment la monumentale biographie de Julian Jackson, De Gaulle, une certaine idée de la France, dont le diptyque est adapté et que je vous avais chaudement recommandée l’été dernier. Le projet lui aura demandé six années de travail.
Mais il y a une autre raison qui me frappe dans l’importance de ce type de film. La souveraineté consiste aussi à rester maître des récits par lesquels un pays se représente lui-même. Lorsque nous pensons à la Seconde Guerre mondiale et à la Libération, nos images sont souvent américaines : Omaha Beach, Il faut sauver le soldat Ryan, les jeeps, les Lucky Strike. Ce récit n’est évidemment pas faux, mais il est incomplet. La puissance culturelle américaine a fini par fournir non seulement nos images, mais aussi une partie de notre langage quotidien : nous organisons des « calls », préparons des « roadmaps » et attendons du « feedback » sans même plus remarquer l’emprunt.
Antonin Baudry déplace la caméra. Il raconte la France libre depuis Londres et l’Afrique, en passant par Mers el-Kébir, Bir Hakeim, le Fezzan ou la ligne de Mareth. Il ne filme pas un de Gaulle déjà statufié, mais un homme encore sans armée ni véritable reconnaissance, immense et parfois maladroit, obligé de construire sa légitimité presque à partir de rien.
Le point qui m’intrigue le plus reste le plan AMGOT, ce projet allié visant à placer la France libérée sous administration militaire et à y faire circuler une monnaie spécialement imprimée aux États-Unis. De Gaulle contribuera à l’empêcher et à imposer l’autorité du Gouvernement provisoire français. Derrière les batailles militaires se jouait donc une autre guerre, moins connue : celle de la souveraineté politique et monétaire.
Après un départ assez discret, les deux films ont progressivement trouvé leur public grâce au bouche-à-oreille. Ce retournement est peut-être le meilleur signe : un grand spectacle historique français peut encore rencontrer un large public sans renoncer ni à la complexité ni à l’ambition intellectuelle. Et rien que pour cela, j’ai très envie de les voir.
Prenez soin de vous,
Caroline Lamaud Dupont
Informations réglementaires et avertissement sur les risques
Cette newsletter constitue une communication à caractère informatif et, pour les produits qui y sont présentés, promotionnel. Elle ne constitue pas une analyse financière, un conseil juridique ou fiscal, une recommandation personnalisée, une déclaration d’adéquation, ni une incitation à investir sans examen préalable de la situation individuelle du lecteur.
Les produits et opérations présentés comportent des risques, notamment un risque de perte partielle ou totale du capital, d’absence ou de variation des revenus, de défaut, de retard, de baisse de valorisation et d’illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les objectifs, projections, scénarios, taux de rendement, TRI, multiples et durées prévisionnelles reposent sur des hypothèses qui peuvent ne pas se réaliser et ne sont pas garantis.
Les informations sont fournies à la date de publication et peuvent évoluer. Elles ne se substituent pas aux documents réglementaires et contractuels propres à chaque produit ou opération, qui doivent être lus attentivement avant toute décision. En cas de contradiction, ces documents prévalent. La fiscalité dépend de la situation individuelle de chaque investisseur et est susceptible d’évoluer.
Toute recommandation personnalisée fournie dans le cadre d’une activité de conseil en investissements financiers suppose au préalable l’évaluation des connaissances et de l’expérience du client, de sa situation financière, de sa capacité à subir des pertes, de ses objectifs d’investissement, de son horizon de placement, de sa tolérance au risque et, le cas échéant, de ses préférences en matière de durabilité. Elle fait l’objet d’une déclaration d’adéquation écrite.
Anaxago, dont le siège social est situé 18 rue sainte foy 75002 Paris, est agréée en qualité de prestataire de services de financement participatif par l’Autorité des marchés financiers.
Anaxago Patrimony, dont le siège social est situé 18 rue Sainte Foy 75002 Paris, est immatriculée auprès de l’ORIAS en qualité de conseiller en investissements financiers.





