Bonjour à tous,
Le luxe a-t-il un problème de croissance… ou de désir ?
Cette semaine, nouvel épisode d’Argent Conté bien d’actualité en cette période de fashion week et que j’ai adoré enregistrer avec Amal Benichou : qu’est-ce qui pourrait faire remonter les valeurs du luxe ?
Pendant des années, le luxe européen a semblé presque intouchable : croissance chinoise, marges exceptionnelles, hausses de prix continues et désirabilité à toute épreuve. Puis la mécanique s’est enrayée. Les consommateurs sont devenus plus sélectifs, la Chine ne joue plus tout à fait le même rôle, certaines maisons ont poussé très loin leur pouvoir de prix et les investisseurs ne valorisent plus le secteur avec la même évidence.
Alors, qu’est-ce qui pourrait relancer durablement le luxe ? Pour en parler, j’ai reçu Amal, qui accompagne depuis plus de 10 ans les grandes maisons dans leurs transformations. Ensemble, nous parlons de désirabilité, de pricing power, de fidélité client, de Chine, de nouvelles générations, de créativité, mais aussi d’IA, de clienteling et de seconde main.
Avec une question en fil rouge : pour faire remonter les valeurs du luxe, faut-il d’abord retrouver de la croissance… ou recréer du désir ? Un épisode pour comprendre ce qui fait réellement la valeur d’une maison de luxe, dans le regard de ses clients comme dans celui des investisseurs.
Quand les taux bougent, que deviennent les produits structurés ?
On parle beaucoup de taux ces derniers temps, mais beaucoup moins de ce que leurs mouvements changent concrètement dans nos portefeuilles. Et notamment pour une classe d’actifs qui a pris une place assez considérable dans l’épargne des Français ces dernières années : les produits structurés.
Le raccourci serait assez tentant : les taux montent, donc les produits structurés vont proposer de meilleurs rendements. Sauf que, comme souvent en finance, c’est un peu plus compliqué que ça. La hausse des taux agit sur plusieurs ingrédients à la fois : la partie obligataire utilisée pour construire le produit, le coût de financement de l’émetteur, le prix des options, la valeur du sous-jacent… et parfois même sur la probabilité que votre coupon soit effectivement versé. Deux produits peuvent donc réagir de façon totalement opposée au même mouvement de taux.
C’est d’ailleurs probablement la chose la plus importante à retenir sur les structurés : derrière un gros chiffre de rendement potentiel, la formule compte beaucoup plus que le chiffre. Quel est le sous-jacent ? À quelles dates est-il observé ? À partir de quel niveau le coupon est-il versé ? Quand peut-on récupérer son capital ? Que se passe-t-il dans le scénario vraiment mauvais ? Ce sont des questions beaucoup moins sexy qu’un « 9 % par an » écrit en gros caractères, mais ce sont évidemment les seules qui comptent vraiment.
Les équipes d’Anaxago ont justement publié cette semaine un décryptage assez complet de ce que la remontée des taux peut changer (ou ne pas changer) pour les produits structurés.
À lire ici : hausse des taux BCE, quels effets sur les produits structurés ?
Le problème des choses importantes qui ne sont jamais urgentes
Impossible de savoir où j’ai lu les mots « matrice d’Eisenhower » récemment, mais la page Wikipédia est restée ouverte dans mon ordinateur toute la semaine. Le principe est assez simplet, donc évidemment très efficace : classer ce qu’on a à faire selon deux axes, l’important et l’urgent. Ce qui est important et urgent, on le fait. Ce qui est important, mais pas urgent, on le planifie. Ce qui est urgent, mais pas important, on délègue. Et ce qui n’est ni urgent ni important, on arrête probablement de prétendre que ça mérite une place dans notre vie.
J’ai trouvé que le concept tombait particulièrement bien à ce moment précis de l’année. Début octobre, on entre dans cette drôle de période où il reste exactement assez de temps pour accomplir des choses avant Noël, mais plus du tout assez pour continuer à se raconter qu’on a « toute l’année devant soi ». Trois mois, c’est à la fois très court et largement suffisant pour faire bouger deux ou trois vrais sujets.
Alors plutôt que de refaire une énième liste d’objectifs de fin d’année longue comme un ticket de caisse, je me suis demandé : qu’est-ce qui est important, mais pas encore urgent aujourd’hui et que je serai déçue de ne pas avoir traité le 31 décembre ? C’est probablement là que se cachent les bons objectifs de mon dernier trimestre. Pas dans les petites choses qui clignotent toute la journée dans nos boîtes mail, mais dans celles qui ne réclament rien, ne relancent jamais et finissent précisément pour cette raison par être repoussées de mois en mois. Je vous souhaite une bonne planification de votre Q4 ce weekend !
Est-ce que je vais vraiment me mettre à regarder QVEMA ?
QVEMA ou Qui veut être mon associé ?, première fois de ma vie que j’ai envie de regarder l’émission (alors que je n’ai pas la télé) depuis que j’ai vu deux nouveaux jurés rejoindre l’aventure : Patrick Mouratoglou et Jean-Philippe Cartier.
Jusqu’ici, Qui veut être mon associé ? faisait partie de ces phénomènes que j’observais assez distraitement de loin, probablement parce que j’ai déjà passé une partie suffisamment importante de ma vie à écouter des entrepreneurs pitcher des projets pour avoir envie d’en regarder d’autres le soir sur mon canapé. Mais là, je dois dire que le casting m’intrigue.
Patrick Mouratoglou parce que je suis fascinée par les gens qui ont réussi à transformer une expertise très précise en véritable écosystème. Dans son cas, partir du coaching de tennis pour construire une marque, une académie, des événements, du contenu, bref quelque chose de beaucoup plus vaste que son métier d’origine. Et Jean-Philippe Cartier parce que son parcours est presque l’exact opposé : entrepreneur, investisseur, hôtelier, restaurateur, avec ce côté très asset-heavy qui me parle forcément davantage que la millième appli SaaS censée révolutionner notre façon de prendre rendez-vous chez le dentiste.
Mais surtout, j’aime assez l’idée que l’entrepreneuriat soit devenu un divertissement de prime time. Il y a quinze ans, expliquer à un dîner qu’on faisait une levée de fonds nécessitait généralement trois minutes de préambule. Aujourd’hui, des millions de personnes savent ce qu’est une valo, une dilution ou un business angel. Tout n’est évidemment pas transposable (une décision d’investissement ne se prend normalement pas entre deux coupures pub et un montage musical dramatique) mais je trouve assez réjouissant qu’on puisse désormais regarder des gens parler marge brute, acquisition clients et pacte d’actionnaires en mangeant son dîner.
Reste donc à résoudre mon principal problème : trouver où regarder QVEMA quand on n’a ni télévision, ni la moindre idée de comment fonctionne la télévision en 2026. Je vais peut-être me contenter d’attendre le retour de The Gilded Age pour sa saison 4 (le 1ᵉʳ novembre) ou de Rivals pour sa saison 3 (le 11 novembre).
Jane Austen, Victoria Bateman et l’argent des femmes
La semaine prochaine sera résolument placée sous le signe des femmes et de l’argent, ce qui, vous en conviendrez, ressemble assez fortement à un programme idéal.
Lundi soir, quelqu’un a réussi l’exploit de réunir trois de mes obsessions dans une seule conférence : Jane Austen, les femmes et l’argent. Rentes, dots, héritages, mariages… Quand on retire les robes Empire et les promenades dans la campagne anglaise, une bonne partie de l’œuvre de Jane Austen raconte finalement une chose très simple : ce que l’absence d’indépendance financière fait à la liberté des femmes. La Bpi organise une soirée entière sur le sujet (dans le cadre d’un cycle complet intitulé Femmes et argent : petites fortunes, grandes histoires, je suis très très triste d’avoir loupé les deux premières) avec notamment l’économiste Rebecca Amsellem, lundi à 19h.
Et en milieu de semaine, changement d’époque, mais pas vraiment de sujet : j’aurai la chance de rencontrer l’économiste et historienne britannique Victoria Bateman, à l’occasion de la sortie française de son livre Economica - Comment les femmes ont enrichi le monde. Son point de départ me plaît énormément : les femmes n’ont jamais été absentes de l’histoire économique, on a simplement largement oublié de les raconter. Le livre remonte douze mille ans d’histoire pour remettre commerçantes, ouvrières, entrepreneuses et créatrices de richesse à leur juste place.
Cette rencontre-là est privée, donc je ne peux malheureusement pas vous embarquer avec moi, mais évidemment, je prendrai des notes. En revanche pour la soirée sur Jane Austen, c’est en accès libre sur inscription, alors franchement : on se voit là-bas ?
Prenez soin de vous
Caroline Lamaud Dupont




